Costa convoquera les pays de l'UE dans les prochains jours pour donner une réponse commune à Trump
À l'issue d'une réunion avec les ambassadeurs européens ce dimanche, le président du Conseil européen a souligné que les pays de l'UE étaient prêts à se défendre contre "toute contrainte", mais aussi à "continuer à dialoguer de manière constructive avec les États-Unis sur toutes les questions d'intérêt commun".
Le président du Conseil européen, Antonio Costa, convoquera les États membres à une réunion extraordinaire "dans les prochains jours", suite à la menace du président américain Trump d'imposer des droits de douane aux huit pays qui ont envoyé des troupes au Groenland et à une réunion d'urgence avec les ambassadeurs européens.
Selon des sources européennes, Costa pourrait convoquer une réunion en personne le jeudi 22 janvier.
Dans un communiqué publié dimanche, le président du Conseil de l'Europe ajoute qu'il a pu confirmer lors de consultations avec les États membres "sur les tensions récentes autour du Groenland" son "ferme engagement" en faveur du soutien et de la solidarité de l'Europe à Dinarmarque et au Groenland, ainsi qu'aux "principes du droit international, de l'intégrité territoriale et de la souveraineté nationale".
Il a assuré que les États membres reconnaissaient "un intérêt transatlantique partagé pour la paix et la sécurité dans l'Arctique, notamment par le biais de l'OTAN". Il a également pu affirmer que, de l'avis de ses membres, "les droits de douane affaibliraient les relations transatlantiques et sont incompatibles avec l'accord commercial UE-UE".
En outre, il a souligné que les pays de l'UE sont prêts à se défendre "contre toute contrainte", mais aussi à "continuer à dialoguer de manière constructive avec les États-Unis sur toutes les questions d'intérêt commun".
Réunion des ambassadeurs
Lors de la réunion de dimanche, les ambassadeurs ont discuté des relations entre l'Union européenne (UE) et les États-Unis et ont coordonné la réponse aux menaces américaines.
Les Européens ont plusieurs options de représailles sur la table, dont la série de contre-mesures que la Commission européenne a préparées l'an dernier contre les États-Unis.
En particulier, le paquet de contre-mesures approuvé par la plupart des États membres par l'UE était alors conservé dans le tiroir, évalué à 93 milliards d'euros, qui devait entrer en vigueur progressivement à partir du 7 août, si aucun accord n'était finalement conclu, et qui pourrait être réactivé à tout moment.
"Il est évident que si ce n'est pas aujourd'hui, quelque chose ne tardera pas à bouger", a déclaré une source diplomatique, ajoutant qu '"ils peuvent être réactivés relativement facilement et rapidement" et constitue un "point de départ évident" pour l'UE.
Cependant, "cela n'exclut pas d'autres mesures", a indiqué la source.
Les ambassadeurs ont également discuté de l'utilisation de l'instrument anti-coercition européen, un mécanisme qui prendrait des mois à être activé mais qui serait une réponse plus ferme de l'UE.
Selon des sources de l'Elysée, la France "a réaffirmé auprès de ses interlocuteurs l'importance d'une réponse ferme, unie et coordonnée de l'Europe, en plaidant pour l'activation d'un instrument anti-coercition en cas de menace tarifaire de la part des États-Unis".
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré après la réunion que les membres de l'UE "restent fermes dans notre engagement à défendre la souveraineté du Groenland et du Royaume du Danemark".
"Nous soutiendrons toujours nos intérêts stratégiques économiques et de sécurité", a ajouté Von der Leyen dans un message de X, soulignant : "Nous allons relever ces défis pour notre solidarité européenne avec fermeté et détermination".
Trump a menacé d'imposer, à partir du 1er février, des droits de douane de 10 % sur les produits allemands, français, britanniques, suédois, norvégiens, néerlandais, finlandais et danois qui ont envoyé des troupes au Groenland, comme mesure de pression pour soutenir les projets d'annexion de l'île Arctique.
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