Un rapport de l'Observatoire des droits de l'homme relie les appareils de l'État à la disparition de Pertur
Au moyen d'un rapport de 40 pages, il conclut que la disparition de Pertur était le résultat d'une opération des appareils policiers ou parapubliques de l'État, facilitée par une collaboration de son entourage politique.
Un demi-siècle après la disparition d'Eduardo Moreno Bergaretxe Pertur, une étude réalisée par l'Observatoire des droits de l'homme conclut que l'hypothèse la plus solide pour expliquer ce qui s'est passé le 23 juillet 1976 est qu'il s'agissait d'une opération menée par des appareils policiers ou parapubliques de l'État, avec la collaboration d'une personne de l'environnement politique de Pertur, selon le rapport.
Le rapport de 40 pages a revu les documents accumulés depuis des décennies, recueilli de nouveaux témoignages et réinterprété ce fameux cas de transition.
Année 1979 et sale guerre
Le rapport reprend l'hypothèse d'un nettoyage intérieur très fort depuis de nombreuses années, selon laquelle l'assassinat de Pertur était une vengeance pour des questions internes au sein de l'ETA politico-militaire. Cependant, selon les auteurs du rapport, selon les preuves disponibles, il serait plus cohérent de penser qu'il s'agissait d'une action dans le contexte de la "guerre sale" contre les militants et les réfugiés basques.
L'enquête placela disparition de Pertur dans le contexte d'une activité parapublique active en 1976. Elle rappelle les nombreux attentats, menaces et tentatives d'enlèvement commis cette année-là contre les dirigeants de la gauche abertzale.
Le rapport souligne également que Pertur lui-même et sa famille ont été visés par des menaces, des attaques contre le logement et des campagnes de signalement public, en particulier dans les mois qui ont précédé sa disparition.
L'environnement de confiance de Pertur
L'un des principaux arguments de l'étude est que la situation de clandestinité dans laquelle vivait Pertur rendait sa localisation très difficile sans une information émanant d'un environnement de confiance. Selon le rapport, le rendez-vous qu'il devait tenir à Behobia le 23 juillet 1976 ne pouvait être connu que de l'intérieur de l'organisation. C'est pourquoi les auteurs estiment qu'il y a eu une collaboration interne ou une fuite qui a facilité sa localisation.
Cependant, le rapport exclut que cela signifie que les membres de l'ETA politico-militaire aient été les auteurs matériels de l'enlèvement et de la disparition.
D'autre part, il remet également en question certaines interprétations qui ont pris racine pendant des décennies, comme la thèse selon laquelle les divergences politiques de Pertur sur l'avenir de l'ETA justifiaient le meurtre interne. Selon les auteurs, la Conférence d'Otsagabia, rédigée par Pertur, ne proposait pas d'abandonner la lutte armée, mais envisageait au contraire de réorganiser la structure politico-militaire de l'organisation. Ils estiment donc que cet argument a été utilisé ultérieurement pour renforcer une hypothèse sans fondement.
Piste italienne
Le rapport reprend également ce que l'on appelle la "piste italienne", une voie qui a fait l'objet d' une enquête de la justice italienne dans les années 1980 et qui a ensuite été abordée par le documentaire d'Angel Amigo L'année de tous les démons, une ligne d'enquête selon laquelle un groupe néofasciste italien a participé à des opérations clandestines contre des militants de l'ETA dans le sud de la France, sur ordre ou avec le soutien de secteurs des services de sécurité espagnols.
Ainsi, l'enquête conclut que la disparitionde Pertur était le résultat de deux dynamiques : d'une part, une dénonciation ou une fuite d'informations provenant de son environnement politique et, d'autre part, l'intervention de structures parapubliques liées à l'État, tout en reconnaissant que tant que de nouvelles preuves ne seront pas apparues ou que les circonstances de ses dépouilles seront éclaircies, l'identification définitive des responsables de ce qui s'est passé restera en suspens.
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