Le Suprême propose de porter la régularisation des migrants devant la Cour de justice de l'UE, après clôture avec 1,3 million de demandes
Le Suprême a informé les communautés qui ont fait appel qu'il "pouvait entrer en conflit avec la réglementation européenne".
Files d'attente pour la régularisation des migrants. Photo : Rodrigo Jiménez
La Cour suprême espagnole a avancé la possibilité de renvoyer la question de la régularisation extraordinaire des migrants à la Cour de justice de l'Union européenne(CJUE), estimant que cette mesure pourrait entrer en conflit avec la réglementation communautaire.
La Chambre du contentieux administratif a donné cinq jours aux communautés autonomes qui ontfait appel de la régularisation - la Communauté valencienne et l'Aragon - pour se prononcer sur la possibilité de poser une question préalable à la CJUE.
Selon la Cour suprême, le régime de régularisation contenu dans le décret soulève des questions quant à sa compatibilité avec les normes européennes qui développent le traité sur les migrations et l'asile (CMMP).
Réglementation européenne
En effet, les magistrats se demandent s'il est admissible que, bien que la directive sur la restitution soit en vigueur et que l'Espagne ne l'ait pas encore entièrement transposée dans son ordre juridique, les migrants en situation administrative irrégulière se voient accorder une autorisation de séjour temporaire et généralepour simple séjour irrégulier en Espagne.
Ces deux décisions ont été prises avant que la Cour suprême ne statue sur les mesures conservatoires demandées par la Communauté valencienne et l'Aragon.
1,3 million de demandes reçues
La nouvelle a été connue le jour même où le délai de dépôt des demandes de régularisation extraordinaire a expiré. Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a signalé que le processus avait reçu près de 1,3 million de demandes, ce qui montre, selon lui, que cette mesure était nécessaire.
Il a fait ces déclarations lors de la présentation du Plan de citoyenneté et d' intégration à Madrid, dont le Gouvernement a annoncé qu'il disposerait d'un budget de 500 millions d'euros pour la première année et que l'une des premières mesures serait d'autoriser les personnes résidant déjà en Espagne à résider et à travailler par le biais d'une régularisation extraordinaire.
Sanchez a expliqué que le plan s'articule autour dequatre axes, 16 mesures et 10 objectifs pour 2030, parmi lesquels la mise en place d'une stratégie de mobilité de la main-d'œuvre pour la promotion de voies légales et sécurisées de migration et la création d'une agence d'État pour la mobilité humaine.
En ce qui concerne le processus de régularisation, il a souligné que, derrière chaque demande, il y a une personne qui vit déjà dans le pays et qui fera désormais partie de la société avec tous les droits et tous les devoirs. Il a également soutenu qu '"il n'y a pas d'intégration sans situations administratives régulières" et que "l'exclusion ne protège personne, mais rend les nouveaux arrivants plus vulnérables et entrave le travail de la société d'accueil".
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