Pradales demande que la langue basque s'éloigne du conflit : "La langue a besoin de nous tous"
Le lehendakari, Imanol Pradales, a déclaré que les progrès de la langue basque ne proviendraient pas de "l'imposition" et a évoqué l'initiative "Jauzia gara" qui ouvrira une nouvelle voie à la revitalisation de la langue basque dans les décennies à venir.
Le lehendakari Imanol Pradales a lancé ce samedi un appel à tous les bascophones pour promouvoir ensemble le basque et a regretté que les nouvelles et les polémiques qui ont eu lieu ces derniers mois autour de cette langue "aientcomplètement détourné l'accent vers l'avenir. Ils ont placé notre langue sur le terrain du conflit, ce qui n'est pas une bonne chose ".
C'est ce qu'il a indiqué dans une lettre publiée ce samedi sur son compte de réseau social LinkedIn, dans laquelle il affirme que les progrès ne seront pas dus à "l'imposition" et demande donc de promouvoir "un attachement émotionnel positif" à la langue basque et de la "lier à la liberté, à la coexistence, à la créativité et aux nouvelles opportunités".
Dans un article intitulé "Dépasser les tranchées pour respirer", Pradales s'adresse à l'ensemble de la société basque et rappelle qu'il veut "fragiliser la fierté partagée d'un peuple qui prend soin de sa langue", et que cela "nous interpelle tous, qu'ils soient bascophones ou non".
Le président mentionne également l'espagnol et explique que certains disent que "le basque s'impose au détriment de l'espagnol - oui, au détriment de cette langue qui est la quatrième au niveau mondial". "D'autres, sur toute question, dénoncent que la langue basque est attaquée partout, construisant sans cesse des tranchées et définissant des ennemis", et il cite aussi "ceux qui continuent à distribuer des étiquettes".
Réflexion et débat
Face à ces polémiques, Pradales a souligné quele basque est le grand perdant et a plaidé pour "encourager la réflexion et le débat". "Aujourd'hui, nous sommes plus d'un million de personnes qui connaissent le basque. Cependant, au-delà de la connaissance, le grand défi de la langue basque aujourd'hui réside dans son utilisation et son savoir répondre aux changements sociaux profonds et rapides", a-t-il réfléchi.
"Nous avons besoin, entre autres, que les bascophones utilisent la langue entre eux et soient plus présents dans de nouveaux domaines", a affirmé le lehendakari, qui a reconnu que pour que la langue basque progresse "on ne peut pas répondre uniquement à des projets de politiques linguistiques ou institutionnelles", mais qu'elle exige "un effort collectif".
Dans ce contexte, le lehendakari a fait référence à l'initiative "Jauzia gara" qui encouragera unespace de dialogue et de collaboration pour travailler sur le nouvel élan nécessaire à la langue basque. "Ce sera une place que le gouvernement basque ouvrira à tous les citoyens et à tous les collectifs".
Ainsi, Pradales a misé sur le lien entre la langue basque et les "valeurs positives" afin que "non seulement les stades, mais aussi la langue basque remplissent les cours des écoles, les conversations dans les bars ou les places du village. Parce que la langue basque appartient à tous et que nous devons tous la préserver et la promouvoir", a-t-il conclu.
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