Deux initiatives en cours pour obtenir la reconnaissance institutionnelle et judiciaire de Txomin Letamendi
L'Observatoire des Droits de l'Homme du Pays Basque et les proches de Txomin Letamendi, militant du PNV "assassiné pour torture" à Madrid en 1950, encourageront de nouvelles initiatives pour restaurer son honneur et obtenir une juste satisfaction morale.
Txomin Letamendi Murua a travaillé pour le président José Antonio Agirre, en tant qu'agent du service de renseignements, lors de son exil. En 1946, il a été arrêté pour la première fois à Saint-Sébastien et, un an plus tard, il a été de nouveau détenu à Barcelone. Après la deuxième arrestation, il a fait l'objet d'une cour martiale et a été condamné à cinq ans de prison.
Le GEBehatoki a expliqué que « les interrogatoires et les tortures qui ont suivi les deux arrestations, ainsi que l'incarcération ultérieure de Guadalajara, lui ont causé de graves dommages physiques et psychiques et l'ont libéré », bien qu'il soit décédé le 20 décembre 1950 à Madrid, sous la garde de son frère Juan.
Aujourd'hui, Letamendi n'a aucune reconnaissance officielle. En décembre 2024, ses successeurs ont engagé une procédure judiciaire à Saint-Sébastien pour déterminer la responsabilité des deux policiers franquistes qui ont participé aux interrogatoires. Le tribunal a constaté que l'un d'eux était mort et, n'ayant pas eu connaissance de l'autre, a clos l'affaire.
Aujourd'hui, à l'occasion du 75e anniversaire de la mort, la famille, sous l'impulsion de l'OGM, a lancé deux initiatives. D'une part, elle a enregistré une demande pour que le Gouvernement basque "fasse une reconnaissance personnalisée à caractère institutionnel afin de rétablir son honneur et d'obtenir sa juste satisfaction morale".
Cette reconnaissance est soutenue par la Loi 9/2023 sur la Mémoire Historique et Démocratique du Pays Basque. L'association reconnaît que cette matière n'a pas encore été réglementée, mais rappelle que le Président Imanol Pradales a utilisé cette procédure pour reconnaître le premier Conseiller du Gouvernement Basque, Alfredo Espinosa Orive, le 1er avril dernier.
Par ailleurs, les procédures de reconnaissance judiciaire par la figure de la juridiction volontaire régie par la Loi 20/2022 du Mémoire Démocratique ont également été entamées. Cette procédure ne punit pas les auteurs mais se limite à la "vérification judiciaire des faits".
Pour reprendre les termes du GEBehatokia, "c'est la première fois que la voie de la Juridiction Volontaire s'ouvre au Pays Basque, et nous voulons ouvrir cette voie dans le but d'ouvrir la porte à tant d'autres événements qui restent aujourd'hui sans réaction judiciaire".
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