La BCE prévoit une hausse de l'inflation et un ralentissement de la croissance dû à la guerre au Moyen-Orient
Par rapport aux projections de décembre, laBanque centrale européenne (BCE) a averti que l'inflation augmenterait particulièrement cette année en raison de la forte hausse des prix de l'énergie due à la guerre au Moyen-Orient.
Banque centrale européenne (BCE). Photo : EFE
Lesnouvelles projections de la Banque centrale européenne (BCE) prévoient une hausse de l'inflation supérieure à celle prévue précédemment et, en même temps, un rythme de croissance du PIB de la zone euro inférieur à celui de décembre en raison de l'impact des premiers jours du conflit au Moyen-Orient.
Les nouvelles prévisions des techniciens de la BCE, qui incluent exceptionnellement les informations obtenues jusqu'au 11 mars, indiquent dans le scénario de base que le taux d'inflation sera en moyenne de 2,6 % en 2026 contre 1,9 % pour l'annonce précédente, tandis qu'en 2027 la hausse des prix de la zone euro serait de 2 %, soit deux dixièmes de plus qu'en décembre, et de 2,1 % en 2028, au-dessus des 2 % prévus précédemment. "L'inflation a été revue à la hausse par rapport aux projections de décembre, en particulier en 2026, en raison de la hausse des prix de l'énergie due à la guerre au Moyen-Orient ", indique cet organisme.
De même, les économistes de la BCE prévoient que l'inflation sous-jacente, à l'exclusion de l'énergie et des denrées alimentaires, sera supérieure à celle prévue en décembre. Ainsi, le taux moyen sera de 2,3 % en 2026, 2,2 % en 2027 et 2,1 % en 2028, tandis que les prévisions précédentes prévoyaient des hausses de 2,2 %, 1,9 % et 2 % respectivement.
À cet égard, la BCE explique que cette trajectoire plus élevée de hausse des prix reflète surtout la transmission de la hausse des coûts de l'énergie à l'inflation sous-jacente, à l'exclusion de l'énergie et des denrées alimentaires.
Ence qui concerne la croissance de la zone euro, les experts prévoient une croissance moyenne du PIB de 0,9 % cette année, soit trois dixièmes de moins que prévu en décembre ; 1,3 % en 2027, en dessous de 1,4 % de la projection précédente ; et 1,4 % en 2028, confirmant dans ce cas les prévisions précédentes.
Cette nouvelle révision à la baisse, en particulier d'ici 2026, refléterait les effetsde la guerre sur les marchés des matières premières, sur les revenus réels et sur la confiance dans le monde entier, et la BCE a indiqué que, dans le même temps, le faible taux de chômage, la solidité des bilans du secteur privé et les dépenses publiques en matière de défense et d'infrastructures "devraient continuer à soutenir la croissance".
Le scénario de base de la BCE prévoit que les prix moyens trimestriels du pétrole et du gaz atteindront respectivement 90 dollars par baril et un maximum d'environ 50 euros MWh au deuxième trimestre de 2026, puis baisseront au cours des trimestres suivants. Selon ces cas, le scénario de base prévoit une hausse de l'inflation qui freinera le pouvoir d'achat, les dépenses des consommateurs et, par conséquent, la croissance du PIB, en particulier à court terme.
L'impact plus long sur l'approvisionnement en pétrole et en gaz "augmenterait l'inflation et réduirait la croissance en dessous des projections du scénario de référence". En tout état de cause, la BCE souligne que les implications inflationnistes à moyen terme dépendent essentiellement des effets indirects et du second tour d'une perturbation énergétique plus intense et plus durable.
En ce qui concerne la croissance du PIB, l'expansion de la zone euro tomberait à 0,6 % cette année, soit trois dixièmes de moins que le scénario de base, pour atteindre 1,2 % en 2027 et 1,6 % un an plus tard.
Dans la perspective la plus stricte, la BCE prévoit une interruption plus importante et plus longue de l'approvisionnement en hydrocarbures, et on estime que 60 % des flux de pétrole et de gaz naturel liquéfié seraient interrompus par des actions militaires qui nuiraient à l'infrastructure énergétique, ce qui retarderait le rétablissement de l'approvisionnement, de sorte que la situation ne reviendrait progressivement qu'au premier trimestre 2027 à la même situation.
« Cette prévision drastique entraîne une crise plus forte et plus durable du prix de l "énergie, une plus grande incertitude et même des effets indirects et du second tour plus complexes », explique la BCE, ce qui signifie que les prix du pétrole atteindraient au maximum 145 dollars le baril au deuxième trimestre 2026 et ceux du gaz à 106 euros le MWh, avant de baisser à un rythme beaucoup plus lent et de se maintenir nettement au-dessus des hypothèses du scénario de base et des autres scénarios à horizon de projection.
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